En 2023, neuf des dix sportives les mieux rémunérées ne frappent pas un ballon rond, ne courent pas sur un tartan, mais s’affrontent raquette en main sur les courts du tennis mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, loin devant toutes les autres disciplines féminines. Ce constat s’appuie sur les rapports financiers les plus récents et sur la dynamique des contrats de sponsoring. Il ne s’agit plus seulement de victoires et de palmarès : la fortune se bâtit aussi dans les coulisses, entre deals commerciaux et placements avisés.
Le sommet du classement n’est jamais figé. Chaque Grand Chelem, chaque signature de partenariat, redistribue les cartes. Avec l’Open d’Australie 2024, la hiérarchie a encore bougé. Les plus fortunées du circuit voient leur place vaciller au gré des grandes performances et des alliances stratégiques.
Le tennis féminin, une ascension spectaculaire dans le sport mondial
En matière de revenus, le tennis féminin a renversé la table. Depuis deux décennies, la WTA a consolidé un circuit où l’égalité des prize money n’est plus une revendication, mais une réalité. Les plus grands tournois, sous la pression conjuguée des joueuses et des instances, ont aligné les dotations masculines et féminines. Conséquence directe : le tennis surclasse toutes les autres disciplines en matière de revenus pour les femmes.
Les classements annuels de Forbes et Sportico sont formels : en 2025, dix joueuses de tennis figurent parmi les quinze sportives les mieux payées au monde. Ce rayonnement ne s’explique pas seulement par les résultats sur le court. Il s’appuie sur une visibilité planétaire, une attractivité grandissante auprès des sponsors et un modèle économique structuré. La WTA, en instaurant l’égalité des primes, a fait du tennis le symbole de la réussite et de l’indépendance financière des sportives.
Quelques repères pour cerner cette domination :
- La WTA supervise le circuit professionnel féminin et défend activement l’égalité des primes de victoire.
- Chaque année, Forbes et Sportico publient un classement des joueuses de tennis les mieux rémunérées ainsi qu’un palmarès toutes disciplines féminines confondues.
- En 2025, plus des deux tiers du classement Forbes des sportives les plus riches sont occupés par des tenniswomen.
Ce mouvement propulse les stars de la discipline vers des sommets inédits. Les classements de Forbes et Sportico racontent bien plus qu’une histoire de chiffres : ils témoignent d’une mutation profonde du sport et de son environnement. Les joueuses de tennis deviennent de véritables marques mondiales, capables de générer des millions au-delà de la compétition.
Qui sont les joueuses les mieux rémunérées en 2023 et 2024 ?
Le classement des fortunes du tennis féminin pour 2023 et 2024 ne se résume plus à la simple addition de victoires ou de titres. Les parcours sont variés, les trajectoires parfois inattendues. En tête, Jessica Pegula survole la concurrence. Sa richesse, estimée à plus d’un milliard de dollars, s’ancre d’abord dans le patrimoine familial : les franchises des Buffalo Bills et des Buffalo Sabres constituent la base de cette fortune. Sur le circuit, elle affiche une régularité remarquable, mais c’est son aura économique qui la distingue de toutes ses rivales.
Juste derrière, Coco Gauff incarne le renouveau du tennis américain. Son triomphe à l’US Open 2023, ses performances constantes à Roland-Garros et sur les tournois WTA 1000 l’ont propulsée en tête du classement Forbes 2025 pour les sportives, avec plus de 37 millions de dollars de revenus annuels. Sa force ? Ses sponsors. Adidas, Head, UPS, New Balance… La jeune Américaine est devenue l’égérie rêvée des marques mondiales.
Impossible d’ignorer Naomi Osaka sur ce podium. Même loin des courts, la Japonaise continue d’attirer contrats et collaborations. Lors de ses meilleures saisons, ses revenus ont franchi la barre des 50 millions de dollars. Son influence dépasse le palmarès : elle incarne une génération qui valorise autant l’image que les titres.
Dans leur sillage, Iga Świątek, actuelle n°1 mondiale, et Aryna Sabalenka, victorieuse à l’Open d’Australie, poursuivent leur ascension. Mais aujourd’hui, la hiérarchie des fortunes ne dépend plus uniquement des exploits sur le terrain. Héritage, titres majeurs, puissance marketing : ces éléments rebattent les cartes du succès sportif.
Zoom sur la numéro un : parcours, revenus et records de la joueuse la plus riche
Jessica Pegula occupe une place à part sur le circuit WTA. Cinquième mondiale, elle s’impose par sa régularité dans les grands tournois, mais aussi par son parcours hors norme. Issue d’une famille qui règne sur le sport nord-américain, elle bénéficie d’un héritage colossal bâti autour des Buffalo Bills (NFL) et des Buffalo Sabres (NHL). Sa fortune personnelle dépasse le milliard de dollars, un écart abyssal avec ses concurrentes, moins lié à ses succès que la puissance du patrimoine familial.
Sportivement, Pegula a su gagner sa place. Titrée à Guadalajara (WTA 1000), constante dans les tournois majeurs, elle a conquis le respect de ses pairs et de l’industrie. Pourtant, ses revenus issus du tennis restent modestes face à ceux d’Osaka ou Gauff. L’essentiel de sa richesse provient d’ailleurs : une gestion familiale méticuleuse, des investissements judicieux, et une fibre entrepreneuriale marquée. Elle a par exemple lancé The Healthy Scratch et Ready 24, deux enseignes qui témoignent de sa volonté de s’affirmer au-delà du sport.
Sa notoriété, Pegula l’a aussi cultivée à travers la série Netflix “Break Point”, qui lui a ouvert les portes d’un public plus large. Voilà le paradoxe Pegula : une joueuse sans Grand Chelem, mais avec une fortune inédite dans l’histoire du tennis féminin. Discrète, avisée, elle incarne un modèle où la réussite sportive s’allie à l’audace économique et à l’esprit d’entreprise.
Au-delà des gains : performances, notoriété et transformation du tennis féminin
Le tennis féminin a dépassé le stade de la simple distribution des prize money. Désormais, la discipline trône au sommet des sports féminins les plus lucratifs, portée par des personnalités dont la notoriété s’étend bien au-delà des courts.
Prenons Serena Williams. Ses 23 titres du Grand Chelem impressionnent, mais sa véritable force réside ailleurs : fédérer, inspirer, imposer sa marque sur le marché du sport mondial. Sa liste de partenaires, Nike, Gatorade, JPMorgan, et la création de Serena Ventures sont autant de preuves que la performance nourrit la marque, et inversement. Maria Sharapova a suivi ce chemin en lançant Sugarpova et en investissant dans la beauté et le bien-être.
Naomi Osaka incarne aussi cette nouvelle ère. Sa présence sur les réseaux sociaux, ses engagements pour des causes sociétales, amplifient sa portée. Contracts avec Louis Vuitton, Nike ou Victoria’s Secret, lancement de Hana Kuma : elle fusionne sport, entreprenariat et influence. Coco Gauff, nouvelle star américaine, multiplie les partenariats et investit dans des start-up, à l’image de Venus Williams et sa marque EleVen.
Voici deux leviers qui accélèrent cette évolution :
- Les réseaux sociaux décuplent la visibilité et l’adhésion du public, désormais aussi déterminantes que les résultats sportifs.
- Les classements Forbes ou Sportico prennent désormais en compte la capacité des athlètes à générer des revenus en dehors des terrains.
La relève suit déjà ce modèle. Qinwen Zheng, Emma Raducanu et d’autres jeunes pousses visent à bâtir leur empire dès leurs premiers succès, transformant chaque victoire en tremplin médiatique et commercial.
Le tennis féminin n’a jamais été aussi visible, influent et rentable. Dans ce paysage, les joueuses ne se contentent plus de gagner des matchs : elles réinventent la notion même de réussite sportive. Qui sera la prochaine à imposer sa marque, à bouleverser la hiérarchie, à s’emparer du sommet ? Le circuit n’a pas fini de surprendre.


