Le premier vélo ou « vélocipède » a été inventé au début des années 1800 et était très différent de ceux que nous connaissons aujourd’hui. Cependant, vous serez peut-être surpris d’apprendre combien de caractéristiques de conception de vélos « modernes » ne sont pas si modernes après tout.
TL ; DR : En 1817, le baron allemand Karl von Drais met au point le tout premier « vélo » officiel. Mais oubliez les pédales : on s’en servait en courant, tout simplement. C’était plus un appareil d’entraînement qu’une bicyclette moderne. Avec l’apparition des pédales montées à l’avant, le danger s’invite sérieusement. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que le « vélo de sécurité » impose sa silhouette actuelle. Détail marquant : freins à étrier, vélos électriques ou modèles pliants datent tous d’avant 1900.
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Qui a inventé le premier vélo ?
Le tout premier « vélo » sort de l’imagination du baron Karl von Drais en 1817. Ce n’est encore qu’un vélocipède, un engin à deux roues mû par la force humaine, sans pédales. Pour avancer, il faut courir assis. D’où son surnom de « cheval de loisir ». Fabriqué quasi exclusivement en bois, avec un peu de laiton pour la douille et des jantes en acier, l’engin pèse à peu près 22 kg. À comparer avec les vélos actuels, qui tournent autour de 10 ou 12 kg, c’est une masse imposante.
Karl von Drais sur son vélocipède. Comment fonctionnaient les premiers vélos ?
Les premiers modèles n’avaient pas fière allure. Avant d’ajouter les pédales rotatives, il y eut l’invention du vélo à pédale vers 1860. On trouvait alors des systèmes de mouvement qui rappelaient un vélo elliptique d’aujourd’hui. Finalement, le mécanisme à manivelle l’emporte, modelant l’évolution du vélo tel qu’on le connaît.
Voici à quoi auraient pu ressembler les vélos si l’histoire avait pris un autre chemin. En France, dès 1863, les premiers vélos équipés de pédales et de manivelles voient le jour. Problème : ces pédales sont fixées directement sur la roue avant, rendant la direction délicate, voire périlleuse.
Structure et design
À l’origine, les vélos sont construits en bois, jantes en acier comprises. Les cadres osent toutes sortes de formes, souvent courbées et peu pratiques. Rapidement, les fabricants adoptent le cadre en losange, assemblé avec des tubes en acier. Résultat : plus solide, plus léger, plus efficace.
Le shaker d’os 1866. Crédit d’image : Federal Highway Administration, via Wikimedia Commons
Ce modèle hérite du nom peu flatteur de « boneshaker » : absence totale de suspension, pneus en acier et routes défoncées, de quoi secouer chaque os du cycliste.
Le penny farthing
Le penny farthing naît du besoin de booster la vitesse. Avec les pédales à l’avant, la taille de la roue limite la cadence. D’où l’idée : une roue avant immense. Mais même ainsi, la longueur de jambe du cycliste reste la seule limite. Ce haut sur pattes est vite synonyme de risques : centre de gravité trop haut, instabilité permanente. De nombreux cyclistes se blessent gravement, coincés dans les rayons ou projetés au sol lors des descentes, car les freins sont mal placés, souvent à l’arrière ou actionnés en pédalant à l’envers.
Le penny farthing, c’est toute une époque du cyclisme, à la fois fascinante et dangereuse. Les femmes s’en tiennent à l’écart, freinées par les codes vestimentaires stricts de l’époque.
Le vélo moderne
À la fin du XIXe siècle, le « vélo de sécurité » révolutionne la pratique. La roue arrière est entraînée par une chaîne, le cadre évolue, même si les formes restent parfois étranges et les roues de tailles inégales. Fait étonnant, beaucoup de ces vélos sont assemblés grâce à des techniques issues de l’industrie textile.
Les modèles pensés pour les femmes, dès 1889, ouvrent le vélo à un public bien plus large. L’arrivée rapide des pneus gonflables et des moyeux à roulement à billes transforme la conduite : plus fluide, moins éprouvante. La position droite s’impose peu à peu, tandis que les vélos couchés sont bannis des compétitions, leur vitesse supérieure dérange. Aujourd’hui, l’International Human Powered Vehicle Association défend pourtant ces « classes interdites » et leurs records alternatifs.
Freins
Les premiers systèmes de freinage sont rudimentaires : le frein à cuillère, déjà présent sur le modèle de Drais, fonctionne grâce à un levier ou une corde qui appuie une pièce sur la roue arrière. En 1873, John Kean introduit le frein avant, rendant les penny-farthings un peu moins risqués.
Voici un exemple de frein à cuillère installé à l’avant. Les freins à étrier, brevetés en 1887 par Browett et Harrison, marquent une avancée majeure : leur fonctionnement préfigure celui des freins actuels. Le frein à canard, inventé en 1897, protège les nouveaux pneus en caoutchouc de l’usure excessive, tout en reprenant le concept du frein à cuillère.
Les vélos des années 1900 voient apparaître les freins à tige : un système où un étrier serre les mâchoires de frein à l’intérieur de la jante. La puissance de freinage reste modeste par rapport à ce dont disposent les cyclistes d’aujourd’hui. Quant aux freins à disque, leur histoire commence dans les années 1890, mais il faudra attendre 1962 pour les voir sur un deux-roues motorisé, avec le scooter Lambretta TV175 Série 3. Sur les vélos, ils ne se démocratisent vraiment qu’à partir des années 1990. Les freins à disque hydrauliques, eux, sont mis au point en 1994 par USA Sachs (SRAM), avec le modèle PowerDisc.
Vitesses
Les premiers brevets pour les moyeux épicycliques datent du milieu des années 1880. Avant d’être adaptés à la bicyclette, ces dispositifs équipaient surtout tricycles et quadricycles. Malgré leur popularité, le lien avec la draisienne n’est fait que tardivement.
Jusqu’aux années 1930, les vélos de course sont soumis à une règle stricte : pas plus de deux vitesses. Pour changer, le coureur doit descendre, retirer la roue et la retourner. L’évolution technique est longue. Dernièrement, des systèmes réduisant presque totalement les pertes de friction ont été conçus, sans chaîne ni transmission classique : seulement deux points de friction rotatif au lieu de huit points de glissement.
Tendances modernes
Vélos pliants et électriques ne datent pas d’hier. Si l’on s’en tient aux brevets, le premier vélo pliant apparaît en 1878 en Angleterre, signé Grout, et c’est un penny farthing ! Même si certains puristes contestent ce statut, d’autres modèles suivent, bien avant le XXe siècle.
On retrouve la trace du tout premier vélo électrique, conçu par Ogden Bolton Jr., aux États-Unis, en 1895. Il fonctionne déjà sur batterie.
La mode et la décoloration du cyclisme
Le vélo a failli disparaître des radars. Au départ, réservé aux hommes jeunes, riches et sportifs, le cyclisme s’essouffle dès les années 1870, sauf au Royaume-Uni. Mais au fil de la décennie, la passion renaît : la France redécouvre le penny farthing, puis les États-Unis suivent, d’abord en important, puis en produisant localement. En 1891, près de 10 % de la publicité dans la presse américaine émane de fabricants de vélos.
-1906 Tour de France Agence Rol, via Wikimedia Commons
Le Tour de France et d’autres grandes courses font exploser la popularité du vélo en Europe au début du XXe siècle. Outre-Atlantique, l’automobile prend vite le dessus, reléguant la bicyclette au rang de jouet pour enfant. Il faudra attendre la vague fitness des années 1980 pour que le vélo retrouve les faveurs du public américain.
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